ELCS - Elus Locaux Contre le Sida

#10questionsPourUneFranceSansSida > Les réponses d'Emmanuel MACRON

Rédigé le Mardi 9 Mai 2017 à 08:36 | Lu 4692 fois




Alors que jamais autant de personnes n'ont vécu avec le VIH/sida, que ce soit dans le monde ou en France, la lutte contre cette maladie doit y avoir toute sa place et constituer un vrai thème de campagne, sur lequel les candidats à l’élection présidentielle doivent donner des avis précis et prendre des engagements. L’intérêt de la santé publique doit passer avant les intérêts partisans.

Dans cette optique, Jean-Luc ROMERO-MICHEL, président d’Elus Locaux Contre le Sida a écrit à l’ensemble des candidats à la présidentielle avec l’envoi d’un questionnaire (en ligne sur elcs.fr) pour connaître leur position sur la politique à mettre en œuvre, tout particulièrement la prévention, l'éducation à la sexualité, l'accès des personnes séropositives au monde du travail, la lutte contre le sida au niveau international... ainsi que leur demander si, ils-elles sont prêt.e.s à s’engager pour devenir le/la Président.e d’une France sans sida…

En effet, l’objectif de l’ONUSIDA d’un monde sans sida est devenu accessible. En s’engagent fortement sur le dépistage, on peut grâce à notre accès universel aux traitements, faire que le VIH/sida disparaisse de notre pays.

#10questionsPourUneFranceSansSida

#10QuestionsPourUneFranceSansSida

Les réponses d'Emmanuel MACRON 

Réponses du candidat Emmanuel MACRON, le 12 avril 2017
élu Président de la République, le 7 mai 2017

 
 
1) #FonctionPublique Aujourd’hui, un pourcentage très élevé des personnes séropositives en âge de travailler n’a pas d’activité professionnelle. Non pas qu’elles ne le veulent pas, mais parce que les employeurs ne le souhaitent pas ou n’ont pas mis en place les conditions nécessaires à leur bonne intégration professionnelle. Beaucoup de personnes séropositives ont par ailleurs le statut de travailleur en situation de handicap.
 
Comptez-vous prendre toutes les mesures nécessaires au respect des dispositions de la loi du 10 juillet 1987 qui énonce une obligation d’embauche dans la fonction publique de 6% de personnes en situation de handicap dans leur effectif ? Et selon quel calendrier ?
 
Les chiffres d’emploi de personnes handicapées sont clairement insuffisants, et la fonction publique doit rattraper son retard, même si la situation s’améliore progressivement. Le taux de 6% doit pouvoir être atteint dans les meilleurs délais, notamment par la mise en place d’une communication plus active à destination de l’ensemble des employeurs de la fonction publique, rappelant toutes les possibilités existant pour accueillir les personnes handicapées dans les meilleures conditions. A terme, il faut souhaiter que 100% des personnes en situation de handicap, souhaitant travailler, puissent le faire. La possibilité d’accéder à l’emploi pour les personnes handicapées doit devenir une évidence dans notre pays. Force est de constater que ce n’est toujours pas le cas. Nous agirons dans ce sens, notamment par la mise en place d’une lutte active contre les discriminations, par exemple via des opérations des testing avec communication publique des entreprises en infraction.
 
 
2) #Travail Le VIH/sida, maladie chronique, implique une gestion au quotidien de sa maladie, des effets secondaires des traitements, de la fatigue, etc.
 
Comptez-vous développer des modes de travail plus souples et en adéquation avec la gestion de la maladie au quotidien comme le mi-temps thérapeutique ou un droit au télétravail pour les personnes touchées par une ALD 30 ? Plus largement, comptez-vous mettre en place une information claire des employeurs quant aux réalités de la vie avec le VIH ?
 
Cette question est centrale. Aujourd’hui en France, les employeurs sont encore peu sensibilisés aux questions portant sur les maladies chroniques. Que ce soit le VIH, le cancer, l’insuffisance rénale chronique, les maladies dégénératives, etc., l’information à destination des employeurs est insuffisante. Ces maladies touchent des millions de Français mais restent des tabous dans le monde de l’entreprise. Communiquer davantage, favoriser des modes de travail innovants pour que les travailleurs malades puissent s’investir en fonction de leurs possibilités est indispensable. Le mi-temps thérapeutique et le télétravail font partie des solutions. Il en est d’autres à bâtir sur le terrain. C’est aussi par des partenariats avec les associations au plus près des personnes vivant avec le VIH que nous sensibiliserons les entreprises à la réalité de la vie avec le VIH.
 
3) #PreP Le traitement antirétroviral est plébiscité par tous les acteurs de la lutte contre le sida, que ce soit au niveau national ou mondial, comme un nouvel outil de prévention avec un bénéfice clairement établi tant sur le plan individuel que collectif.
 
Vous engagez-vous à développer et à soutenir toute initiative destinée à renforcer le rôle du traitement dans une politique globale de prévention en France, ainsi qu’à poursuivre le remboursement intégral de la PrEP ?
La Prophylaxie Pré-Exposition (PreP) a montré son efficacité et il n’est pas question de revenir sur cet acquis. La politique de réduction des risques et des dommages a été progressivement installée en France, trop lentement pour beaucoup d’acteurs. Le choix de mettre à disposition des traitements préventifs innovants, permettant de réduire l’incidence du VIH, ne se discute pas. La réduction des risques – et la PreP en fait partie - est un choix sanitaire, éthique et économique.
 
4) #AME Depuis quelques années, le droit à la santé des étrangers est un thème qui fait polémique en France, les attaques se succédant à un rythme régulier notamment contre l’aide médicale d’Etat.
 
Comptez-vous, dans ce domaine de la santé des étrangers, mettre en place une politique de santé pragmatique et respectueuse des droits humains ? Quelle est votre position sur l’aide médicale d’Etat ?
 
La santé est un droit universel. La France doit être fière de l’aide médicale qu’elle apporte aux plus démunis, comme aux personnes étrangères. Le débat sur l’Aide médicale d’Etat n’a pas lieu d’être sur le principe. L’AME répond à des nécessités sanitaires. Sa part dans les dépenses de soins en France est en outre négligeable, contrairement aux idées volontiers véhiculées par certains. L’AME, associée à la CMU-C, ne finance que 1,4% des dépenses de santé en 2015, un pourcentage stable depuis plus de 10 ans.
 
 
5) #SoinsdeConservation La législation actuelle interdit les soins de conservation pour les personnes décédées séropositives, ne permettant alors pas aux proches de rendre un dernier hommage aux défunts. Le Conseil national du sida et le Haut Conseil à la santé publique ont dénoncé cette législation discriminatoire en affirmant que les précautions universelles suffisent à assurer un niveau optimal de sécurité aux thanatopracteurs. Le ministère des affaires sociales et de la santé prépare la levée effective de cette interdiction en 2018, tout en renforçant la sécurité des thanatopracteurs dans leur pratique au quotidien.
 
Ces soins étant réalisables en toute sécurité par les professionnels, l’arrêté sera modifié au plus vite. Les plus hautes instances de santé publique l’ont affirmé et ont dénoncé cette forme de discrimination. Faire le deuil d’un proche est une étape difficile et nécessaire. Il n’y a pas lieu de maintenir des dispositions inutiles qui ajoutent à la douleur des proches.
 
Vous engagez-vous à poursuivre l’évolution réglementaire en cours et, concrètement, à modifier l’arrêté fondant cette interdiction inhumaine ?
 
6) #Prostitution Un avis du Conseil national du sida et plusieurs études diffusées par le Collectif « Droits et Prostitution » indiquent l’impact négatif des politiques de pénalisation des clients quant à l’exposition au VIH des travailleurs et travailleuses du sexe.
 
Quelle est votre position sur cet impact de vulnérabilité accrue, dû la pénalisation des clients ?
 
Le débat sur la prostitution et sur la pénalisation des clients est ancien. Il emporte effectivement un certain nombre de questions de société et santé publique. Il faut un vrai débat de fond sur les questions de violence et de précarité qui touchent le monde de la prostitution. D’un point de vue général, les démarches de prévention et de promotion de la santé, doivent être davantage soutenues par les pouvoirs publics. Nous favoriserons un cadre souple, sans trop contraintes bureaucratiques et des financements pérennes. Nous créerons par ailleurs un service sanitaire pour l’ensemble des étudiants en santé, qui, pendant 3 mois, ferons des actions de prévention dans les entreprises, écoles et association.
 
7) #Prison Le droit à la santé et l’accès aux soins doivent être effectifs pour toutes et tous, y compris dans le milieu carcéral. Pourtant, cette égalité de traitement n’est pas une réalité : les différentes enquêtes montrent un taux de prévalence très fort au VIH et au VHC en prison.
 
Comptez-vous mettre en place et développer des programmes de réduction des risques en prison, notamment des programmes d’échanges de seringues ?
 
L’incarcération ne doit pas être synonyme de rupture dans l’accès aux soins. La circulation de drogues en milieu carcéral est connue. Il ne faut pas le nier, sauf à renoncer à prendre les mesures de prévention en conséquence. La condamnation pénale ne doit pas entrainer une condamnation sanitaire. L’accès aux mêmes dispositifs de réduction des risques qu’à l’extérieur, ainsi que l’amélioration de l’accès aux soins, par exemple par le développement de la télémédecine, sont indispensables.
 
 
8) #RDR La politique de réduction des risques est clairement une des politique de santé les plus efficaces qu’il soit et les résultats sont probants quant à la baisse des infections au VIH. Pourtant, certains publics ne sont pas touchés par ces dispositifs de réduction des risques, notamment les publics plus précarisés. Une des solutions serait la mise en place de salles de consommation à moindre risque, solution déjà adoptée avec succès par nos voisins européens et en cours d’expérimentation dans plusieurs villes en France dont Paris.
 
Etes-vous déterminé.e à développer l’expérimentation des salles de consommation à moindre risque ?
 
Le développement des salles de consommation à moindre risque est en cours d’évaluation. S’il est confirmé que ces salles contribuent à diminuer l’incidence du VIH et du VHC chez les consommateurs de drogues, tout en respectant la quiétude du voisinage, alors il conviendra d’envisager leur développement, en lien avec l’ensemble des acteurs de la société civile.
 
 
9) #Liberté Dans le monde, plus d’un tiers des pays membres de l’ONU appliquent toujours des restrictions à l’établissement des personnes séropositives sur leur territoire.
 
Etes-vous prêt.e à porter avec force le combat pour la liberté de circulation et d’établissement des personnes touchées par le VIH/sida au sein des instances internationales ?
 
La liberté fait partie de la devise de notre république. A l’heure où les droits des plus vulnérables sont menacés dans nombre de pays, porter un message universel et moderne visant à promouvoir des droits égaux pour tous, quel que soit la maladie, est un devoir.
 
 
#FondMondial Même si le nombre de personnes bénéficiant d’ARV a été multiplié par dix en six ans, l’accès aux traitements reste la question centrale dans la lutte contre le sida, d’autant plus que le bénéfice individuel mais aussi collectif du traitement - dans le contrôle de l’épidémie - a été reconnu par tous. Malheureusement dans un contexte de crise, nombreux sont les financements qui sont en baisse ou qui stagnent : la seule solution viable serait donc la mise en place d’outils de financements innovants.
 
Comptez-vous militer au niveau international pour développer la taxe sur les billets d’avion qui a déjà permis de sauver des milliers de vies via UNITAID ? Que comptez-vous mettre en place dans ce domaine, notamment pour arriver à l’objectif de l’ONU-SIDA au 90/90/90 en 2020 et d’un monde sans VIH/Sida en 2030 ?
 
La mise en place de financements innovants est une clé pour faire disparaître l’épidémie de VIHSIDA. Cependant, penser que la seule taxation sur les billets d’avion suffit, est utopique. C’est un outil parmi d’autres. Concernant les pays en développement, la diminution du coût des ARV, associée au développement des assurances est nécessaire. L’objectif de couverture santé universelle de l’OMS doit être associé à l’objectif du « zéro VIH-SIDA » en 2030.

 
 


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