ELCS - Elus Locaux Contre le Sida

"Éradiquer le sida, c’est possible" Interview de Jean-Luc Romero dans l'Alsace

Rédigé le Mercredi 14 Juin 2017 à 09:54 | Lu 571 fois




Jean-Luc Romero est venu à Strasbourg vendredi, à la veille de la Marche des visibilités. Lors d’une table ronde consacrée au sida en Alsace et dans la région Grand Est, il a évoqué des pistes pour éradiquer la maladie.

« J’ai espéré, lors de la campagne présidentielle et alors que se tenait le Sidaction en décembre dernier, que la question du sida serait évoquée. Or, pour la première fois depuis vingt ans, aucun homme politique ni journaliste n’en a parlé alors qu’il n’y a jamais eu autant de personnes vivant avec le VIH en France et dans le monde. » Jean-Luc Romero, président de l’association Élus locaux contre le sida (ELCS), a débuté ainsi son intervention lors d’une table ronde organisée à Strasbourg vendredi, à laquelle participaient plusieurs membres d’ELCS, mais aussi des associations comme La Station, un lieu de rencontre et d’information LGBTI, Aides, ainsi que les responsables de la salle de consommation de drogue à moindre risque de Strasbourg, Argos.

L’élu, conseiller régional d’Île-de-France et maire adjoint du 12e arrondissement de Paris, vit depuis trente ans avec le VIH. « 15 % des personnes homosexuelles vivent avec le virus du sida , même si la majorité des personnes infectées dans le monde est hétérosexuelle », poursuit-il.

Des malades montrés du doigt

Selon lui, d’ici 2020, on pourrait dépister en France 90 % des porteurs du virus, et en les traitant, parvenir à éliminer le VIH en France. À condition d’y mettre les moyens, en information et en dépistage. « On recense 6 000 nouvelles infections chaque année en France, par des personnes qui sont infectées, mais qui ne le savent pas ou qui ne veulent pas le savoir. Et 40 % de ces nouveaux contaminés sont des homosexuels. »

Jean-Luc Romera est frappé par le recul des connaissances sur la maladie chez les jeunes. « 30 % des 15-25 ans pensent qu’on peut attraper le sida en s’embrassant ! » Autre point inquiétant, la moyenne d’âge des séropositifs qui tourne autour de 50 ans. « On voit une recrudescence de l’infection chez des personnes hétérosexuelles, après un divorce et alors qu’elles ont perdu le réflexe de se protéger. »

Il dénonce aussi « une culpabilisation autour de la révélation de la séropositivité, qui a remplacé la compassion du début de l’épidémie. Si les progrès médicaux ont été très importants, les progrès sociétaux sont très faibles. C’est devenu une maladie invisible. Les séropositifs sont montrés du doigt, y compris dans la communauté gay. »

Parmi les moyens de lutter contre la contamination, l’ouverture de la salle de consommation (lire ci-contre), mais aussi l’amélioration du dépistage afin que les personnes infectées et qui l’ignorent arrêtent de contaminer leurs partenaires.

Améliorer le dépistage

Les résultats d’une étude épidémiologique de l’Inserm*, présentée par Jean-Michel Meyer, militant à Aides depuis 1995, montre que les traitements antirétroviraux sont très efficaces et puissants. L’administration de ces traitements de façon précoce, depuis 2010, a allongé l’espérance de vie des patients et diminué la mortalité et la morbidité. « À ce bénéfice individuel , s’ajoute un bénéfice plus collectif : la charge virale indétectable qui rend le malade non contaminant, mais en cas de rapports sexuels non protégés » , souligne le militant.

L’utilisation de traitement préventif par le Truvada®, pour des personnes gays très exposées, mais séronégatives, montre aussi son efficacité. « Sur les 153 000 personnes avec le VIH en France, reprend le représentant d’Aides, 70 % sont des hommes, dont un tiers a des relations avec d’autres hommes. 10 % sont des utilisateurs de drogues par injection. » En 2013, 84 % des porteurs du HIV étaient diagnostiqués. 75 % des personnes dépistées étaient sous traitement et 68 % de celles-ci avaient une charge virale indétectable, contre 50 % trois ans plus tôt.

« Le problème , c’est le temps médian entre la première infection et le dépistage » , pointe Jean-Michel Meyer. Selon les régions, ce temps médian varie en France métropolitaine de 1,8 à 4 ans. En Alsace, il est de 1,8 à 2,9 ans. Et on estime à près de 25 000 personnes (390 en Alsace) le nombre de personnes infectées en France et qui l’ignorent. « Ce sont pour moitié des hommes gays. Et 19 % sont des femmes nées à l’étranger, indique encore le militant, d’où l’importance de cibler le dépistage vers ces deux populations. »


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