Cette situation est insupportable : comment accepter que plus de 40 millions de personnes soient privées de leur droit élémentaire de libre circulation du seul fait de leur état de santé? L’existence de ces barrières liées au statut sérologique VIH des voyageurs est totalement intolérable: être séropositif ne peut être considéré comme une menace et il n’y a aucune raison pour apporter ce type de restriction à la libre circulation d’une personne séropositive. Il est insupportable de devoir mentir et de risquer d’être refoulé aux frontières de ces pays au seul motif que l’on est porteur d’une maladie, certes transmissible, mais non contagieuse. Le séropositif n’est ni un criminel ni une menace à l’ordre public.
ELCS rappelle que la France, et c’est tout à son honneur, ne fait pas partie des pays ayant mis en place une telle législation et ne soumet pas les voyageurs à un questionnaire médical préalable à l’entrée sur son territoire.
Sans remettre en cause le droit de chaque pays d’apporter des restrictions quant à l’entrée sur son territoire, être séropositif ne peut être considéré comme une menace et, à partir du moment où la lutte contre le sida est correctement prise en charge par le gouvernement national, il n’y a aucune raison qui justifierait d’opposer ce type de restriction à une personne séropositive.
J’ai donc interpellé les autorités nationales, européennes et internationales sur les mesures discriminatoires attentatoires à la liberté de circulation des séropositifs.
J’ai ainsi informé Jacques Chirac sur cette question. J’ai également saisi Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, de cette situation en lui demandant de tout faire pour que cette question des restrictions à l’entrée et au séjour des personnes séropositives sur le territoire national soit à l’ordre du jour des prochaines conférences internationales. Cette demande a été aussi faite à Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU jusqu’au 31 décembre 2006. J’ai également officiellement saisi le Conseil National du Sida de la question.
Enfin, le 27 novembre, j’ai envoyé une lettre à George W. Bush, président des Etats-Unis, en lui demandant de lutter contre la maladie et non les malades et d’abolir l’interdiction faite aux personnes touchées par le VIH/Sida d’entrer sur le territoire américain.
Jean-Luc ROMERO