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Association Elus Locaux Contre le Sida

Désintox / Décryptage d'une lettre ouverte d'un "collège constitué de professionnels du funéraire"

Vendredi 13 Juin 2014

Alors face à l’intox, vite de l’info !


La désintox d'une lettre ouverte...


Alors que cela fait plusieurs années que le dossier de l’interdiction des soins de conservation pour les personnes décédées touchées par le VIH ou une hépatite virale est étudié, alors que la ministre des affaires sociales et de la santé a annoncé, après de multiples consultations, auditions et réunions, la levée de cette interdiction pour 2016, Cédric Ivanes, Président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés, Claire Sarazin, porte parole de l’Association des Thanatopracteurs de France Sébastien Boukhalo, membre du Jury National de Thanatopracteur, Eric Fauveau, président d’Afterweb-Venture éditeur de Funéraire-Info , Mickaël Curti, assistant funéraire et contributeur à Funéraire info et Résonance, ont souhaité envoyer une lettre ouverte à Mme Marisol Touraine.  (lien) 

En prenant comme base des extraits de cette lettre ouverte, ELCS leur répond.
Alors face à l’intox, vite de l’info !



Extrait de la lettre ouverte : « Il semblerait, en effet, que la parole de ces mêmes professionnels n’ait pas été entendue. Ecoutée, oui, mais pas entendue. Le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales, sous la pression d’Act-Up, d’organisations de défense des droits des personnes contaminées et de quelques personnalités médiatiques, s’est vu rédiger un rapport favorable à cette levée d’interdiction sans pour autant, à mon sens, en mesurer toutes les conséquences. »

INTOX

Réponse d’ELCS : « Tout d’abord, nous pensons qu’il serait plus adéquat et respectueux de parler d’associations de lutte contre le sida plutôt que « d’organisations de défense des droits des personnes contaminées ». Nous ne sommes pas un syndicat de séropositifs, juste un monde associatif qui se bat au quotidien, avec militantisme et ferveur, contre une maladie qui tue 1,6 millions de personnes chaque année dans le monde. Dont acte.
 
Vous affirmez que nous aurions la possibilité d’influencer très fortement, voir même d’imposer nos vues à l’IGAS. Quel pouvoir aurions-nous dans ce cas ! Mesdames, messieurs, le coup du complot n’est pas bien sérieux ! Mais soit, admettons que l’IGAS ait été mise au pas. Que souhaiteriez-vous nous dire concernant les avis et rapports du Défenseur des droits, du Conseil national du sida, du Haut Conseil à la santé publique, qui tous concluent de la même que l’IGAS, de façon constance et ce, depuis plus de 5 ans ? Ces institutions sont composées des meilleurs spécialistes sur de nombreux domaines, leurs avis et rapports sont travaillés sur la base de documents incontestables et leurs opinions se forgent à la lumière de multiples auditions extérieures. Nous vous laissons donc la responsabilité de vos propos selon lesquels « cette soi-disant expertise déborde d’incohérences, d’approximations et de contradictions ».

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Extrait de la lettre ouverte : « L’IGAS se prononce aussi sur l’interdiction de pratiquer les soins de conservation au domicile du défunt estimant alors que le risque infectieux pour le praticien est moindre si cette action se déroule en milieu propice. Mais aucune des mesures de sécurité énoncées ne mettent le thanatopracteur à l’abri d’un accident regrettable et malheureusement inévitable. »

INTOX

Réponse d’ELCS : « Nous avouons notre incompréhension: vous êtes contre le fait que l’IGAS recommande que les soins se fassent en milieu, je cite, propice, plutôt qu’à domicile ? Si c’est le cas, vous nous laisseriez sans voix. C’est la proposition que, nous, associations, portons depuis longtemps : pour nous, les soins sur les défunts doivent être faits dans de bonnes conditions, ceci permettant d’assurer aux thanatopracteurs une qualité de travail optimale. Sincèrement, nous ne voyons pas comment vous ne pourriez pas soutenir, à 100%, cette proposition ! »

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Extrait de la lettre ouverte : « La plupart des Thanatopracteurs admettront avoir déjà pratiqué des soins sur des défunts porteurs du VIH, sans le savoir du fait d’un « oubli » sur le certificat de décès ou en connaissance de cause pour rendre service… »

INTOX

Réponse d’ELCS : « Sans doute et nous allons même aller plus loin que vous : nous allons simplement nous permettre de vous rappeler que 30% des personnes touchées par le VIH ne connaissent pas leur statut sérologique ; ce taux avoisine les 50% pour les personnes touchées par les hépatites. Ces chiffres sont tirés des rapports de l’Institut de veille sanitaire. Vous en conviendrez, que les thanatopracteurs le veuillent ou non, ils ont sûrement pratiqué des soins sur des défunts touchés par le VIH ou une hépatite et ce, sans le savoir.
 
Si vous souhaitez vraiment œuvrer pour la sécurité des thanatopracteurs, nous pensons qu’il serait plus efficace que vos organisations soutiennent la politique de promotion du dépistage du VIH et des hépatites. »

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Extrait de la lettre ouverte : « Madame le ministre avant de prendre une décision, rencontrez-nous, pour répondre à nos interrogations et nous convaincre de l’innocuité du virus, vous pourriez devenir à votre corps défendant, l’actrice d’un énorme scandale sanitaire. »

INTOX

Réponse d’ELCS : « Le vrai scandale, c’est ne pas lire objectivement les différents rapports produits depuis 5 ans et les juger, sans aucune preuve, orientés. Le vrai scandale, c’est d’imaginer, nous dirions même soupçonner, les associations de lutte contre le sida, de vouloir mettre en danger les thanatopracteurs. Nous défendons une position qui permet d’une part de respecter tous les défunts et d’autre part d’améliorer la qualité de travail des thanatopracteurs.
 
Humanité et sécurité, nous sommes suis persuadés que c’est ce que souhaitent l’immense majorité des thanatopracteurs. »

Fin de l'intox !


C'est terminé l'intox. 

Maintenant, pour en savoir plus : 

>> Le dossier complet sur les soins funéraires pour tous 
>> La pétition sur change.org