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Association Elus Locaux Contre le Sida

Discours de Najat Vallaud-Belkacem, Ministre, porte parole du Gouvernement, lors des 17e Etats Généraux des Elus Locaux Contre le Sida

Mardi 27 Novembre 2012

Discours de Najat Vallaud-Belkacem, Ministre, porte parole du Gouvernement,  lors des 17e Etats Généraux des Elus Locaux Contre le Sida
XVIIe Etats généraux d’Elus locaux contre le sida
 
Sénat, 26 novembre 2012, 19h00
 
Clôture par Najat Vallaud-Belkacem
 
 
Monsieur le président, cher Jean-Luc Romero,
 
Mesdames et messieurs les élus, qui engagez vos collectivités pour plus de prévention, plus d’information, pour un meilleur accès au dépistage et aux soins,
 
Mesdames et messieurs les responsables associatifs, qui mobilisez les Français, les professionnels, les pouvoirs publics pour donner du souffle et de l’ambition à la lutte contre le VIH,
 
Toutes les victoires emportées sur le sida, nous les devons à votre militantisme.
 
C’est à l’engagement des pionniers, des médecins, des malades, de leurs amis, de la société civile, que nous devons chacun des pas franchis jusqu’à aujourd’hui dans la lutte contre le VIH et dans la lutte pour les droits des personnes vivant avec le VIH.
 
Depuis trente ans, le sida a tué plus de 30 millions de victimes. Et plus de 35 millions de personnes se battent aujourd'hui contre le virus.
 
En France, la pandémie continue à progresser. Le Président de la République le rappelait dans le message qu’il vous a adressé : chaque année, 8000 contaminations surviennent dans notre pays.
 
C’est dire l’importance de l’engagement de toute la société, et bien sûr d’abord des pouvoirs publics. Information, humanité, solidarité, persévérance : ces devoirs rappelés par le Président de la République s’imposent à nous tous.
 
Vous êtes, vous qui luttez contre le sida en parlant à la première personne, les premiers acteurs de ce combat. Acteurs de la prévention. Acteurs de la recherche. Acteurs du traitement. Acteurs de la lutte contre les discriminations.
 
L’efficacité de la prévention, le soutien à la recherche, l’amélioration de l’accès aux soins, et la lutte contre les discriminations sont aussi les priorités du Gouvernement.
 
Plus que toute autre maladie, le sida appelle une réponse politique.
 
Mon ministère est bien placé pour mesurer la singularité de cette pandémie et la place unique qu’elle occupe, dans notre histoire et dans notre société.
 
Chargée des droits des femmes, je sais combien le combat contre le VIH rencontre le combat contre les inégalités et les violences sexistes.
 
Vous le savez, femmes et hommes ne sont pas égaux devant la maladie. Pas uniquement parce que le pourcentage de femmes contaminées lors d’un rapport hétérosexuel est 3 à 8 fois plus important que chez les hommes.
 
Au-delà de ce chiffre, ce sont les rapports de genre qui posent la question de l’exposition particulière des femmes au VIH.
 
Comment parler, par exemple, des comportements de prévention – et je ne parle même pas de l’usage du préservatif féminin – sans parler de ce que signifient le consentement, l’égalité dans le couple, le respect mutuel, les normes de genre dans la sexualité ?
 
Comment parler, par exemple, de la prévention des femmes qui se prostituent sans parler de leur protection ? Parmi les sujets en débat, vous savez qu’il en est un qui nous met tous d’accord, précisément parce qu’il s’agit d’améliorer la sécurité, la prévention et l’accès aux soins : l’abrogation du délit de racolage passif. Les personnes prostituées ne sont coupables de rien.
 
Comment parler, par exemple, de la propagation du VIH dans les zones de conflits armés sans parler de la place des femmes dans ces conflits ?
 
Le viol est une pratique, voire une tactique, tristement répandue dans les zones largement frappées par la pandémie. La France est engagée dans l’action des Nations unies contre ces drames.
 
A beaucoup d’égard, les violences et les discriminations dont les femmes sont victimes sont une des clés de cette pandémie.
 
Vous le savez, j’ai également été chargée par le Premier ministre d’animer la politique gouvernementale contre l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie. J’ai présenté la semaine dernière notre programme d’actions interministériel sur ce thème.
 
Je sais combien le combat contre le VIH et le combat contre ces violences et ces discriminations sont interdépendants. Ils ne cessent de se croiser.
 
D’abord parce que le mouvement pour la liberté sexuelle et pour l’égalité des droits a été traversé par les ravages de la pandémie. Nul ne peut oublier les exemples de bravoure et les explosions de haine que le sida a inspirés à l’égard des personnes LGBT.
 
La reconnaissance des couples de même sexe, avec le pacs et aujourd’hui avec l’égalité des droits devant le mariage, doit beaucoup au mouvement de la lutte contre le sida.
 
Cette histoire s’est imposée dans la marche du mouvement LGBT.
 
Et aujourd’hui, les taux de prévalence sont tels que le VIH s’impose dans le quotidien des personnes LGBT.
 
Nous savons bien, les associations nous l’ont rappelé, que la maladie se propage plus vite là où il y a discrimination et stigmatisation.
 
Michel Sidibé, directeur d’ONUSIDA, que j’ai rencontré dans le cadre de ce travail contre l’homophobie, me l’a confirmé. Partout dans le monde, la lutte contre l’homophobie est une des clés de la lutte contre le sida.
 
La dépénalisation universelle de l’homosexualité s’inscrit aussi dans ce combat. La France est déterminée à avancer, avec les pays du Sud, dans cette direction. Je participerai, avec le secrétaire général des Nations unies, à une mobilisation sur cette question le 11 décembre prochain à New-York.
 
Cette pandémie trouve dans l’ignorance, les violences et les discriminations le terrain favorable à son développement.
 
C’est pourquoi la réponse que les pouvoirs publics et la société apportent à la pandémie doit conjuguer lutte contre les violences et les discriminations avec prévention, accès aux soins et recherche.
 
Nous agissons, à l’école, dans l’entreprise, dans l’espace public, dans les services publics, contre le sexisme, contre l’homophobie et contre la transphobie.
 
Nous sommes aux cotés des organisations communautaires, pour lutter contre les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre.
 
L’expérience française montre qu’une prise en charge solidaire garantie par un travail entre les pouvoirs publics et le monde associatif sauve des vies au quotidien.
 
Aujourd’hui, nous devons nous donner les moyens de faire reculer l’épidémie, en France et dans le Monde. Les progrès de la recherche nous permettent désormais d’espérer un monde sans sida.
 
Pour poursuivre cet objectif, comme l’a affirmé le Président de la République, la France est déterminée à mener la lutte « avec obstination, sans répit et sans faiblesse ».
 
L’an dernier, j’accompagnais le candidat François Hollande aux 16e Etats généraux d’ELCS. C’est avec beaucoup de plaisir que je suis venue ici vous confirmer son engagement, celui de tout le Gouvernement, pour apporter à cette cause tout le soutien de l’Etat.
 
Merci à toutes et à tous pour votre engagement.