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Discours du Président d'ELCS lors du diner d'Ikambere au Sénat, 10 décembre 2009

Vendredi 11 Décembre 2009

Discours du Président d'ELCS lors du diner d'Ikambere au Sénat, 10 décembre 2009
Intervention de Jean-Luc Romero
Président d’Elus Locaux Contre le Sida

Dîner-débat d’Ikambere
« La cause des femmes immigrées séropositives : un autre regard »

Jeudi 10 décembre 2009 – Palais du Luxembourg


Madame la sénatrice, Madame la Ministre,
Monsieur le président, cher Abdon, Madame la directrice, chère Bernadette,
Mesdames, Messieurs, chers amis

Je suis sincèrement très heureux et honoré d’être parrain de ce dîner. Pour des raisons liées à l’importance du thème que nous allons développer tout au long de la soirée mais également pour des raisons plus personnelles que je vous expliciterai dans quelques secondes.

« La cause des femmes immigrées séropositives : un autre regard », voilà un thème extrêmement important. Laissez-moi vous rappeler quelques chiffres même si j’imagine qu’Abdon ou Bernadette vont les expliciter bien mieux que moi : en 2008, les femmes représentent la moitié des nouveaux diagnostics à VIH. Sur ces 50%, les nouvelles contaminations concernent pour la moitié les femmes d’origine d’Afrique sub-saharienne.

Nous le savons que trop bien, le VIH/sida est révélateur de bien des maux de notre société. Précarité et discriminations, ces mots sont des réalités pour bon nombre de malades et les conséquences directes de leur séropositivité. Concernant les migrants c’est une réalité évidente et incontestable et je pense également que l’on peut analyser la plus grande vulnérabilité au VIH/sida sous l’angle des conditions dans lesquelles sont accueillis les migrants en France. Il faudra sans doute nous interroger plus globalement sur cette question.

De nombreuses personnes touchées, surtout les femmes, ont peur de révéler leur état, de peur d’être exclues de leur communauté ou rejetées par leur mari qui les ont peut-être contaminées. Quels recours ont-elles ? Aucun si ce n’est Ikambere, la maison accueillante.

Ikambere permet de rompre le carcan de l’isolement qui enserre les femmes africaines séropositives. Un tel lieu d’accueil pour des femmes est indispensable afin de pouvoir partager leurs expériences pour ne pas sombrer car pouvoir dire sa séropositivité est une chose très compliquée : bien souvent, le sida force au silence !

Ikambere permet aux femmes de se reconstruire, de retrouver ses repères et ainsi pouvoir se projeter de nouveau dans une dynamique de vie. Ikambere est une structure indispensable ; au-delà des mots, je vous conseille tout simplement d’y aller pour vous rendre compte du travail accompli. Il est vraiment essentiel que la structure puisse se développer. Et je pense également qu’il pourrait être réellement important que d’autres structures de la sorte puissent se créer dans d’autres villes en France.

Comme je vous le disais, j’ai aussi des raisons plus personnelles d’être honoré d’avoir été choisi come une des parrains de la soirée. Il y a quelques années, j’étais venu déjeuner avec vous dans les locaux d’Ikambere. Je dois vous avouer que ce moment de rencontres avec les femmes d’Ikambere est gravé dans ma mémoire. J’y ai rencontré des femmes qui me parlaient de leurs histoires personnelles, histoires le plus souvent dramatiques, mais elles le faisaient sans aucun misérabilisme, sans se plaindre, bien au contraire ! Malgré la maladie et l’isolement, elles avaient le sourire, un vrai optimisme, une envie de vivre réellement communicative. Ce n’est pas moi qui ai donné lors ce moment d’échanges, j’ai reçu énormément. Très sincèrement, elles m’ont donné envie de me battre, de me battre toujours plus ! Merci Ikambere !



Discours du Président d'ELCS lors du diner d'Ikambere au Sénat, 10 décembre 2009

Christophe MICHEL




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