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Association Elus Locaux Contre le Sida

ELCS à Pont-de-Claix avec Daniel Chazal, délégué départemental

Mardi 1 Décembre 2009

ELCS à Pont-de-Claix avec Daniel Chazal, délégué départemental
Daniel Chazal, délégué départemental d’ELCS pour l’Isère, est intervenu aux manifestations du 1er décembre organisées par la ville de Pont-de-Claix

Retrouvez son discours ici :

Intervention de Monsieur Daniel Chazal
Pont de Claix - 1er décembre 2009
Journée mondiale de lutte contre le sida



Monsieur le maire,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Tout d’abord, en tant qu’adjoint au maire d’une ville voisine mais aussi délégué d’ELCS, je voudrais
remercier la ville de Pont-de-Claix d’avoir organisé cette manifestation pour la Journée mondiale de
lutte contre le sida.
Je suis là pour vous parler en tant que délégué d’Elus Locaux Contre le Sida. Cette association est née il y a maintenant 15 ans en se basant sur un principe simple : le sida se soigne aussi par la politique.
Oui je vous le redis et réaffirme : le sida se soigne aussi par la politique. En effet, je pense que, lorsque le politique baisse la garde par manque de courage, la maladie regagne du terrain. Je pense que, lorsque le politique fait preuve de conservatisme, la maladie progresse. Le sida se nourrit de
l’impuissance de l‘action publique et de l’absence de volontarisme politique.
ELCS a donc pour but de mobiliser et d’inciter les élus français à s’investir dans la lutte contre le sida et la réduction des risques chez les toxicomanes. Aujourd’hui, plus de 14.000 élus de toutes tendances, dont une centaine de parlementaires français, ont signé le manifeste ELCS qui crée une obligation morale de résultat les engageant à se mobiliser pour la prévention du sida.


Vous allez peut-être me dire qu’ELCS se trompe de cible car c’est à l’Etat que revient la charge de lutter
contre le sida. C’est inexact. Les élus locaux, les élus de proximité qui sont en première ligne et au
contact quotidien de la population, sont idéalement placés pour agir et ont une vraie responsabilité en la matière. Au nombre de 550.000, les élus locaux peuvent faire énormément dans cette lutte !
Concrètement, l’élu local peut faire beaucoup : il peut par exemple mettre en place des campagnes
d’information locales comme c’est le cas aujourd’hui à Pont de Claix, participer à la politique de
prévention par la mise à disposition gratuite de préservatifs dans les lieux publics, généraliser la
formation des personnels municipaux à la maladie ; il peut également soutenir l’ouverture
d’appartements de coordination thérapeutique, développer des formations spécifiques pour le malades
qui souhaitent reprendre un travail. Les actions ouvertes à ses compétences sont multiples. Reste à lui
à agir selon des valeurs humaines et non politiques : en effet, le sida ne doit pas être ni de droite ni de
gauche. Il n’est pas l’apanage de telle ou telle chapelle, il est l’affaire de tous. C’est l’humanisme qui
doit commander aux actions de l’élu.
Je voudrais, si vous me le permettez, dépasser le cadre national et dire quelques mots d’un combat
qu’ELCS porte depuis trois ans : le combat contre les scandaleuses restrictions à la liberté de
circulation des personnes séropositives. En quelques mots je vous résume la situation : dans près de la
moitié des Etats membres de l’ONU, des mesures discriminatoires à l’encontre de la liberté de
circulation des personnes touchées par le VIH/sida sont appliquées. En 2009, dans 12 pays dont les
Etats-Unis, la Chine ou la Russie, trois des plus grandes puissances mondiales, les séropositifs sont
tout simplement soumis à une stricte interdiction d’entrée sur le territoire national, même pour un court
séjour touristique ! Bien évidemment, ces législations nous choquent ! Ces pays assimilent ainsi la
personne séropositive à un délinquant : Son crime : son statut sérologique… Depuis trois ans, ELCS a
multiplié les actions et interventions. Je vous passe la fastidieuse liste des actions mises en place par
ELCS : rencontres, tribunes, lettres ouverte etc etc. Récemment, il y a un mois, vous l’avez peut-être vu
dans la presse, Barack Obama annonçait officiellement la fin de l’interdiction d’entrée des personnes
séropositives sur le sol américain, interdiction mise en place depuis plus de 20 ans ! Cette annonce est
très importante et elle nous a tous réjoui. Ce que nous espérons maintenant, c’est que cette décision
fasse effet boule de neige et incite d’autres pays à revoir leur législation. Le combat contre les
restrictions à la liberté de circulation des personnes touchées par le VIH/sida est un combat pour la
dignité et l’égalité, un combat contre les préjugés. Un combat juste mais un combat qui sera long.


Je vais maintenant conclure mon propos en vous citant cette phrase de Cervantes : « qui perd la santé
perd beaucoup, qui perd un ami perd encore plus mais qui perd courage perd tout ». Globalement, je
pense que, dans la lutte contre le VIH/sida, dans ce combat pour la vie, l’ennemi c’est bien la lassitude, le désintérêt, le découragement. L’espoir ne tombe pas du ciel. Au contraire. Il se fabrique, se construit, se créé, se façonne. Comment ? Par le volontarisme et le courage politique.

Je vous remercie