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Association Elus Locaux Contre le Sida

Lettre ELCS Info n°29 - Janvier 2011

Jeudi 24 Février 2011

Lettre ELCS Info n°29 - Janvier 2011
Lettre ELCS Info n°29 - Janvier 2011

Sommaire

Extraits des 15èmes Etats généraux d’ELCS
Brèves

Extraits des 15èmes Etats généraux d’Elus Locaux Contre le Sida
19 novembre – Sénat

Marie-George BUFFET, députée de Seine-Saint-Denis, présidente du Groupe d’Etudes sur le sida à l’assemblée nationale, ancienne ministre

La bataille des parlementaires consiste aussi à faire en sorte que les déclarations politiques soient suivies d’actions concrètes, ce qui pose la question des moyens financiers. Je pense par exemple au dépistage systématique, ou à la défense de l’hôpital public et des services spécialisés, qui doivent être le plus à proximité possible des personnes concernées (…). Le Groupe sida n’est pas facile à faire fonctionner. Dans la période récente, nous avons vu des parlementaires membres du Groupe sida voter des lois politiques portées par la majorité bien qu’elles aillent à l’encontre de leur engagement dans la bataille contre la maladie. Les associations nous ont d’ailleurs vertement rappelés à l’ordre.

Laurent JAQUA, responsable de la Commission « prison » de l’association Act Up-Paris

Le sida en prison représente un problème sanitaire catastrophique, pour des raisons inhérentes à la détention, en particulier dans les maisons d’arrêt, à savoir la sur-occupation (122 à 200% de taux d’occupation), la promiscuité, les questions de drogue et d’autres facteurs contaminants. La prévalence de la maladie est estimée à 1,4%, contre 0,23% à l’extérieur. Les chances de contracter la maladie sont quatre à cinq fois supérieures, et de cinq à huit fois pour les VHC. Les conditions d’hygiène, la surpopulation, la malnutrition, les placements à l’isolement constituent autant de facteurs aggravants.

Jean-Marie LE GUEN, député de Paris, adjoint au maire de Paris chargé des questions de santé

A Paris, comme dans la plupart des métropoles, il existe des populations toxicomanes confirmées subissant des situations de précarisation, liées soit à leur toxicomanie, soit à d’autres facteurs médicaux, sociaux ou psychologiques. Ces personnes sont largement marginalisées, si bien que leur toxicomanie est aujourd'hui visible, mais non reconnue. En effet, la société nie le fait que certaines personnes se droguent dans la rue, tout comme elle refuse de regarder en face la question de la drogue en prison (…). Le Conseil de Paris a l’intention d’avancer sur cette question afin de mettre en place les conditions d’une expérimentation.

Table ronde : repenser la prévention

Françoise DUMEZ, adjointe au maire du Val Saint Germain

Il s’avère nécessaire de repenser la prévention car le constat des résultats obtenus est assez catastrophique. Aujourd'hui, 50 000 personnes séropositives ignorent leur séropositivité (…). Nous parlerons aussi de l’accès rapide au test de dépistage, mais également du traitement, qui constitue un aspect de la prévention

Nicolas DERCHE, chef de service, Kiosque Infos Sida Toxicomanie

Le Check-Point propose des consultations avec et sans rendez-vous, avec des horaires adaptés au public, c'est-à-dire une ouverture le soir, voire en nocturne le mercredi, et le samedi après-midi. L’utilisation des tests rapides permet d’obtenir un résultat en une demi-heure et de proposer au patient une orientation adaptée en fonction du diagnostic (…). L’objectif du Check Point consiste à pérenniser son action, à favoriser l’émergence d’autres centres du même genre dédiés à d’autres populations comme les migrants ou les travailleurs du sexe, et à faire en sorte que l’utilisation du test rapide offre une possibilité supplémentaire en termes de dépistage et d’une prévention la mieux adaptée possible.

Docteur Michel OHAYON, directeur du 190, Sida Info Service

Le 190 représente d’abord un projet de prévention par le soin, car il concerne les populations les plus exposées, à la limite du concept de prévention comme protection qui fonctionne pour la majorité de la population. La prévention pour les séropositifs est synonyme de préservation d’une qualité de santé et de vie. Ces personnes sont trop souvent exclues de la prévention du fait qu’elles sont déjà contaminées (…). Nous avons mis sur pied une consultation pour les partenaires. J’ai été surpris d’apprendre qu’il s’agit de la première consultation au monde dédiée spécifiquement aux partenaires séronégatifs de personnes séropositives, leur permettant d’aborder leurs problématiques personnelles qui mettent en cause leur conjoint.

Table ronde : La réduction des risques : innover comme nécessité

Eddie AÏT, maire de Carrières-sous-Poissy, conseiller régional d’Ile-de-France

En tant que maire, je suis très intéressé de savoir comment elle peut s’intégrer dans le tissu urbain. En effet, il est facile de trouver des excuses pour refuser une telle expérimentation compte-tenu des réticences importantes de l’électorat. ELCS a aussi pour vocation d’apporter des réponses à des élus qui acceptent de s’engager sur des problématiques polémiques.

Pierre CHAPPARD, Président de l’association Act Up-Paris, membre d’Asud

Une salle de consommation se caractérise par deux éléments importants : la présence d’un personnel soignant d’une part, le soutien de l’Etat et des collectivités locales d’autre part (…). Le coût d’ouverture d’une salle de consommation varie entre 500 000 et 800 000 euros. Cette somme peut paraître importante, mais en réalité, les économies générées sont supérieures à la dépense (…). Les salles de consommation présentent plusieurs avantages prouvés. Tout d’abord, elles ne visent pas à être implantées partout : elles viennent résoudre un problème local de consommation de drogue par des usagers très précarisés sur la voie publique, dans les grandes, voire moyennes villes. C’est pourquoi les élus locaux se sont emparés du débat.

Alain LHOSTIS, conseiller de Paris

C’est aussi leur dignité que nous voulons redonner aux usagers. Nous voulons rendre à ces citoyens la capacité d’être en contact avec d’autres. C’est pourquoi l’accès aux salles n’est pas limité. Il n’y a ni contrôle d’identité, ni contrôle du produit, et les intervenants en santé peuvent parler avec les usagers ou répondre à leurs sollicitations. Souvent, c’est la première fois depuis longtemps qu’un contact humain et personnel est établi. C’est à ce devoir d’humanité qu’il nous faut répondre (…). L’adhésion de la population sera décisive. C’est pourquoi nous allons d’abord communiquer de manière assez générale sur les bénéfices des salles de consommation et expliquer la démarche

Table ronde : naissance, vieillissement et VIH/sida

Elisabeth RAMEL, conseillère municipale déléguée de Strasbourg

Vieillir avec le VIH était impossible il y a quelques années. Le seul projet de vie des séropositifs était de tenir jusqu’au lendemain. L’arrivée des trithérapies a fait l’effet d’une bombe. Il était désormais possible de faire des projets et d’organiser sa vie en ayant pour compagnon le VIH.

Grégory BEC, coordinateur de l’association « Les Petits Bonheurs »

Vivre au quotidien avec la maladie s’avère très complexe. Ces personnes n’imaginaient pas qu’elles seraient un jour à la retraite. Elles n’ont pas cotisé car elles ont arrêté de travailler il y a longtemps. Elles se sentent inutiles socialement. Elles sont seules affectivement car le VIH a ravagé leur vie sociale. (…)A l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, 10 % des patients ont plus de 60 ans. La société n’est pas organisée pour prendre en charge les patients vieillissants (…). On meurt moins du sida aujourd'hui. Pourtant, Les Petits Bonheurs ont accompagné en 2010 à Paris 21 personnes qui sont décédées. Le plus jeune avait 30 ans et est mort du sida(…). Il est fondamental que des bénévoles se réinvestissent sur l’accompagnement de la fin de vie.

Professeur Samir HAMAMAH, chef de service au CHU de Montpellier

Il y a 32 ans, le premier bébé est né par fécondation in vitro. Nul n’imaginait alors que cette technique serait proposée à des couples fertiles, dans les circonstances particulières de personnes atteintes du VIH ou du VHC. (…) L’arrivée des traitements rétroviraux en 1996 a constitué un tournant extraordinaire (…) Le cadre familial représente une manière de s’accrocher à la vie et de se sentir comme les autres malgré la maladie (…). En 2001, l’arrêté Kouchner supprime la nécessité du protocole de recherche clinique (…).Le guide de bonnes pratiques cliniques et biologiques de 2008 simplifie encore la procédure.

Jean-Paul HUCHON, président du Conseil régional d’Ile-de-France

Il est donc important que la lutte contre le sida reste au cœur des politiques locales. Toutes les dimensions de la lutte comptent, des Nations-Unies aux associations et aux collectivités territoriales, dont l’échelle permet d’intervenir au plus près des citoyens. Notre région a fait ce choix depuis plus de vingt ans. Dès 1987, mon prédécesseur a créé le CRIPS et en a fait un instrument majeur de prévention. La Région le finance à hauteur de 3,7 millions d’euros. En 2011, les actions seront renforcées, notamment sur la thématique du sida et des discriminations. (…)Comme ELCS, je crois à la primauté de l’engagement public, mais aussi privé, contre le fatalisme. L’espoir se fabrique. Il mérite des moyens.

Sheila, présidente d’honneur d’ELCS

Il reste encore beaucoup à faire. Aujourd'hui, la maladie se soigne et l’on peut vivre avec elle. Ces discriminations sont inquiétantes. Il faut les combattre de même que le virus. J’admire profondément tous ceux qui vivent avec le sida, leur amour de la vie et leur courage phénoménal, et je suis fière de participer à votre combat, même si je ne suis pas aussi présente que je le souhaiterais. Je ne pensais pas qu’au bout de quinze ans, l’association existerait toujours, mais nous devons garder espoir.

PIEM

J’ai 87 ans, ma femme 82, et nous sommes mariés depuis 62 ans. Nous avons partagé ces épreuves. Dans cette société tragiquement hypocrite, donner est plus agréable que recevoir (…).Il est très important de se rencontrer pour construire quelque chose. La solitude est monstrueuse. C’est le mal du siècle. Il faut donc agir ensemble.

Jean-Luc ROMERO, président d’Elus Locaux Contre le Sida

ELCS joue un rôle essentiel pour que les élus n’oublient pas leur responsabilité dans la lutte, car le sida se soigne aussi par la politique (…).Le sida reste une maladie obstinément mortelle. En outre, le sida est une affection sociale, qui discrimine et précarise. Aujourd'hui, le malade fait plus peur que la maladie. Il est vu comme un sous-citoyen, une charge pour la société et un criminel potentiel (…). Le cœur du problème aujourd'hui est de pouvoir dire sa maladie sans risque de discrimination. Comment inciter au dépistage si le statut de séropositif est source de rejet, de précarisation et d’une absence de vie affective et sexuelle ? Ceci n’est plus acceptable en 2010. Notre priorité à tous doit être de favoriser un cadre sociétal dans lequel les séropositifs peuvent dire leur maladie sans être montrés du doigt. Il s’agit pour moi d’une condition sine qua none de la politique de prévention et de dépistage (…). La visibilité des malades devrait être une évidence après trente ans d’épidémie. Ce n’est toujours pas le cas. L’arrivée des trithérapies a permis d’enfouir le débat, et la compassion a disparu pour faire place à une culpabilisation du malade. Il est primordial de lutter contre cette affirmation. Cela doit être notre priorité quotidienne

Dominique VERSINI, défenseure des enfants, ancienne ministre

L’idée de préservatifs gratuits m’apparaît comme une évidence absolue (…). On s’aperçoit qu’ l’on est dans une société qui n’est pas si tolérante. Elle apparaît comme très défensive. Elle a peur de l’étranger et de la différence. Cette attitude est encouragée par les médias et les politiques. Faire peur aux populations les amène à reculer devant tout élément novateur ou capable d’apporter une richesse (…) Nous sommes des militants engagés sur tous les fronts. Ces combats usants durent depuis des années, mais nous devons conserver notre énergie, car nous avons raison de croire que les êtres humains sont tous porteurs de valeurs exceptionnelles dans leur différence. Nous avons raison de le croire, même si ce n’est pas dans l’air du temps, et nous devons continuer de le dire, car nous déclenchons ainsi une lumière d’espoir.


Brèves

Partenariat ELCS

BAC4, distributeur de la marque WETTLE Sport, a souhaité s’investir aux côtés d’Elus Locaux Contre le Sida dans la lutte contre le VIH/sida. Un euro sera reversé sur chaque exemplaire vendu du calendrier 2011 les Princes du Ring !
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