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Association Elus Locaux Contre le Sida

Message de Sheila, aux Etats Généraux des ELCS

Mardi 29 Novembre 2011

Message de Sheila, aux Etats Généraux des ELCS
Message de Sheila
Présidente d’honneur d’Elus Locaux Contre le Sida

Mardi 29 novembre 2011
16e Etats Généraux des Elus Locaux Contre le Sida
Hôtel de ville de Paris



Mesdames,
Messieurs,
Chers amis,

Si je ne suis pas là aujourd’hui physiquement, je le suis, avec vous, par la pensée et l’affection. Je suis présidente d’honneur d’Elus Locaux Contre le Sida depuis 15 ans. Pourquoi ? Tout simplement parce que je crois aux notions de solidarité, de respect et d’engagement. En fait, je crois profondément en la vie.

Je reçois très souvent des lettres de personnes touchées par le VIH/sida. A chaque fois, ces lettres me touchent, m’émeuvent, me révoltent, me scandalisent : les paroles des personnes, leur vécu, leurs souffrances, leur courage, je vous le redis, tout cela me bouleverse.

2011 marque les 30 ans du sida. 2011 ce sont aussi 2,7 millions de personnes qui ont été contaminés. Près de deux millions de morts. Je ne crois pas avoir besoin d‘en dire beaucoup plus pour vous démontrer l’urgence à agir toujours plus. Je voudrais avoir un mot sur ces chiffres qui nous sont toujours livrés par les pouvoirs publics autour du 1er décembre. Ce sont des données froides. Désincarnés et déshumanisés. Mais se rappelle-t-on que ces chiffres renvoient à des personnes, à des humains ? A des pères, des mères, des enfants, à des personnes qui souffrent au quotidien ? A des personnes qui crient et qui bien souvent en retour ne reçoivent que notre indifférence ?


30 ans. Déjà. Et je ne peux vous cacher ma colère et mon indignation face au regard de la société sur les personnes touchées. Un regard qui ne devrait être empli que de solidarité. Un regard qui, en réalité, n’est empli, pour beaucoup, que d’indifférence, de jugement et de culpabilisation. Cela me met hors de moi !

Mais au-delà de l’indignation, il nous faut trouver les solutions pour aller contre cette terrible logique qui voudrait que, 30 ans après l’apparition du sida, la maladie fasse moins peur que les malades en eux-mêmes. Cette solution, il n’appartient pas aux seuls acteurs de la lutte de la trouver ; il faut que chacun s’interroge sur ses propres représentations, ses opinions, ses préjugés. C’est pour cela que « Paroles et vies au positif » est un projet important. Parce qu’il donne à voir les personnes dans leur quotidien. Parce qu’il donne à voir les souffrances, les joies, les déceptions, les espoirs. Parce que, à travers ces 13 portraits, on nous parle de deux valeurs essentielles : la dignité et l’égalité.

Lorsque j’ai écrit ces lignes, mes sentiments étaient partagés : d’une part, il y avait de la colère et de l‘indignation face à des situations intolérables, d’autre part il y avait aussi de l’admiration. De l’admiration, pour vous, acteurs de ce combat pour la vie. De l’admiration pour les militants qui savent leur cause juste et qui, au-delà des obstacles, agissent toute l’année pour la prévention, l’information, la solidarité.

Nous avons tous une responsabilité dans la lutte contre le VIH/sida. Les malades vous font confiance tout comme moi je vous confiance. Nous avons fait des promesses. Ne détournons pas notre regard. Ne trahissons pas nos promesses.

Je vous remercie.