ELCS
>> ELCS >> ELCS
Association Elus Locaux Contre le Sida

Soins funéraires: fin de l'interdiction pour les séropositifs?

Vendredi 21 Mars 2014


Interview de Jean-Luc Romero, président d'ELCS pour le site d'information Guide-Obseques.fr 

En décembre 2013, une pétition pour la levée de l'interdiction des soins funéraires  pour les personnes séropositives a été lancée par Jean-Luc Romero.
Jean-Luc Romero est le président-fondateur d’ELCS (Elus Locaux Contre le Sida) depuis 1995. Membre du Conseil national du sida depuis 2005 nommé par le Premier ministre, il est le premier homme politique à avoir parlé ouvertement de sa séropositivité.
Guide obsèques l'a interviewé pour vous.

Pouvez-vous décrire l’activité de ELCS?
Jean-Luc Romero: "L’association ELCS (Elus Locaux Contre le Sida) est une association à but non lucratif et réunit tous les courants de pensée partant du principe que le sida n’est ni de droite ni de gauche. L’association soutient et met en place des actions d’information, de prévention et de mobilisation à destination des élus mais aussi, plus largement, auprès des professionnels de santé, associations et patients sur la lutte contre le sida, les hépatites virales et les discriminations."

Quelle est la législation actuelle concernant la thanatopraxie pour les personnes séropositives?
J-L R: "Les règles en vigueur sont basées sur un arrêté du ministre de la santé daté du 20 juillet 1998. Concrètement, l’arrêté interdit plusieurs opérations relatives au transport, à la mise en bière et interdit les soins de conservation sur les corps des personnes décédées de certaines maladies : choléra, peste, rage … mais aussi le VIH et l’hépatite virale."

Quelle est votre revendication ?
J-L R: "Notre revendication est simple, c’est la levée de cette interdiction des soins de conservation pour les personnes séropositives ou porteurs d’hépatites virales."

Pourquoi cette revendication ?
J-L R: "Vous savez, au-delà du fait que cette interdiction soit totalement inhumaine, empêchant les proches et les familles de faire leur deuil, elle est surtout contre-productive pour les professionnels eux-mêmes.
Ce que nous demandons c’est que les thanatopracteurs puissent travailler dans des conditions correctes, c’est-à-dire en chambres funéraires et en respectant les précautions universelles dictées par l’OMS."

Comment pouvez-vous faire changer la législation ?
J-L R: "Depuis longtemps, nous avons multiplié les actions que ce soit sur les plans politique, médiatique et citoyen. Nous avons donné également la possibilité au grand public de s’exprimer par le lancement d’une pétition sur le site change.org."

Combien avez-vous de signataires?
J-L R: "La pétition lancée autour du 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, est un succès : au 20 mars 2014, la pétition comporte plus de 89.000 signataires (www.change.org/SidaSoinsFuneraires)!
De très nombreuses personnalités nous soutiennent dans ce combat comme Johnny HALLYDAY, Antoine DE CAUNES, Pierre BERGE..."

Sous quels délais la nouvelle loi autorisant les soins funéraires aux personnes séropositives peut-elle être applicable?
J-L R: "Honnêtement, je vais vous dire notre sentiment : on a assez attendu ! Alors la levée de cette interdiction - bien entendu sujette à la rédaction des textes réglementaires - est liée à une simple question de volonté politique. Nous, ce que nous demandons très clairement, c’est que cette levée se fasse maintenant. Encore une fois, je le redis : nous avons assez attendu !"

Merci Jean-Luc ROMERO d’avoir répondu à nos questions.