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« Jean-Luc Romero, en sursis depuis plus de 30 ans »

Retrouvez mon interview sur la vie avec le VIH dans mon journal d’enfance @lavoixdunord ! « En sursis pendant plus de 30 ans ! » … ce qui me permet de mieux profiter du moment présent !

« J’étais au jour le jour. Quelque part, la maladie m’a permis de vivre plus pleinement. »

« Aujourd’hui le sida est toujours tabou. Les gens ne savent même pas que l’on n’ est plus contagieux si on est traités. »

« Il faut de l’argent pour les associations, la recherche. Les gens se font moins dépister, on est inquiets. »

Loi Prostitution de 2016 : la Cour européenne des droits de l’Homme examinera 261 requêtes de travailleurs.ses du sexe

Communiqué de presse
Paris, le 19 avril 2021

Dans une décision communiquée le 12 avril, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a indiqué qu’elle examinerait les 261 requêtes émanant de travailleus.ses du sexe qui lui ont été transmises en décembre 2019.

Suite à la décision du 1er février 2019 du Conseil constitutionnel de valider la pénalisation des clients prévue dans la loi Prostitution de 2016, 250 travailleurs.ses du sexe exerçant en France ont décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme, pour faire reconnaître l’atteinte à leurs droits fondamentaux : droit à la santé et à la sécurité et droit au respect de la vie privée. Elles et ils exigent l’abrogation de cette mesure dangereuse.

La Cour a donc estimé que les arguments développés par les requérant.es étaient suffisamment sérieux pour mériter un débat contradictoire avec le Gouvernement. Nous nous en félicitons.

Depuis des années, les travailleurs.ses du sexe alertent sur les conséquences dramatiques de la pénalisation des clients et des politiques répressives à leur endroit. Quel que soit le degré d’autonomie dans l’activité, qu’elles ou ils considèrent le travail sexuel comme leur travail et que les personnes n’aient pas le souhait d’en changer ou qu’elles soient victimes d’exploitation ou de travail forcé, elles dénoncent une mesure qui les précarise, les fragilise et les expose à des violences et des risques élevés pour leur santé.

C’est pourquoi, nous, associations, leur apportons un soutien sans faille dans ce combat pour que la France cesse, conformément aux recommandations des agences de l’ONU (ONUSIDA, OMS, PNUD) et du Défenseur des Droits, d’adopter des lois répressives.

Associations signataires :

AATDS
Acceptess-T
Act Up-Paris
AIDES
ARCAT
AUTRES REGARDS
Cabiria
CFSSD
ELCS – Elus locaux contre le sida
Entr’actes
Fédération Parapluie Rouge
Grisélidis
Médecins du Monde France
Paloma
Roses d’Acier
Strass
TRANS INTER action

XXVe Etats généraux d’ELCS

C’est au Conseil régional d’île-de-France, « région engagée contre le sida » et sous le haut patronage de 
Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, que se sont déroulés les Etats-Généraux d’ELCS pour la 25e année consécutive.

Dans un contexte marqué par la pandémie du Covid-19, c’est malgré tout un engagement fort dans la lutte contre le VIH/sida que nous ont témoigné des intervenants de qualité : Valérie Pécresse, Jean-Louis Touraine, Jean-François Delfraissy, Jean Spiri, Fred Colby, Jean-Michel Molina, Florence Thune, Aurélien Beaucamp et Anne Hidalgo.

C’est ce rassemblement d’acteurs issus à la fois du monde politique, associatif et médical au sein d’une institution politique qui fonde, chaque année, la pertinence de ces Etats-Généraux, une occasion de rappeler que le sida tue toujours et que le politique a un rôle majeur à jouer dans ce combat contre la maladie.

Sida, ne pas baisser la garde !

Aux lendemains du Sidaction 2021, le président d’ELCS était l’invité de LCP AN le jeudi 1er avril 2021 pour parler du VIH/sida dans notre société alors que le contexte est marqué par la pandémie du Covid-19.

Un Sidaction 2021 marqué par la pandémie du Covid-19

« Cette année, rien n’est plus pareil, et le Sidaction n’échappe pas à cette règle. Annulée dans sa forme initiale l’an dernier, l’opération aura bien lieu du 26 au 28 mars. Mais c’est « Un Sidaction 2021, pas comme les autres » que Muriel Robin, Olivier Minne et Jean-Paul Gaultier ont concocté pour celle qui s’est engagée il y a trente-cinq ans déjà dans la lutte contre le virus du VIH, Line Renaud ! « Merci Line », samedi 27 mars à 21.05 sur France 2. »

« On ne se voit pas souvent, mais elle a toujours été présente dans les moments importants de ma vie ». La déclaration d’amour de @JeanLucRomero à @linerenaud

Malgré le contexte, les Elus Locaux Contre le Sida sont mobilisés pour le Sidaction !

L’épidémie de la #COVID19 a provoqué un véritable temps d’arrêt du dépistage du #VIH. Plus que jamais, il faut continuer à en parler et renforcer la prévention. Une épidémie ne doit pas en cacher une autre!

La précarité engendrée par la crise sanitaire a fortement augmenté les risques de transmission du #VIH pour de nombreuses personnes, notamment migrantes et travailleuses.eurs du sexe. Ne laissons pas l’épidémie circuler, faites un don au @sidaction !

Rapport d’activités 2020

« Le sida se soigne aussi par la politique. » 25 ans après la création d’ELCS, le credo de l’association n’aura jamais résonné aussi fort car 2020 aura résolument été l’occasion pour nous de sensibiliser à la nécessité de maintenir nos efforts contre le VIH/sida… envers et contre tout !

La crise liée à la Covid-19 a profondément impacté la lutte contre le sida. Face à la menace du nouveau coronavirus qui se fait de plus en plus grande, les mises sous PrEP – traitement préventif qui s’est pourtant révélé très efficace – et les dépistages ont fortement chuté, faisant poindre la menace d’une accélération de circulation du VIH.

Financièrement, les associations de lutte contre le VIH/sida ont pour la plupart vu leurs revenus baisser drastiquement. Il va pourtant sans dire que le combat contre le VIH/sida s’est historiquement construit et continue de se construire avec le tissu associatif, véritable cœur battant de cette lutte. Après tout, ce sont elles qui permettent d’atteindre les communautés les plus touchées par le VIH et d’identifier de nouveaux leviers d’innovation dans cette lutte !

L’année 2020 aura également été l’année de toutes les discriminations. Les confinements successifs de l’année 2020 ont été le théâtre d’une multitude de violences verbales et physiques à l’encontre des personnes LGBTQI+, exprimées parfois des personnes occupant des postes qui exigent une exemplarité, clairement trahie…

Devant tout cela, nous ne devons pas baisser la garde… Restons vigilants avant tout !

Gardons également à l’esprit que tout comme la pandémie de VIH, la crise liée à la Covid-19 touche l’ensemble des pays. La réponse ne peut être que mondial. Nous devons nous tenir aux côtés des pays en voie de développement pour améliorer l’accès aux traitements comme aux vaccins pour parvenir à nos objectifs.

En déployant une intelligence collective et en travaillant main dans la main : élus, associations, personnels soignants et chercheurs, nous nous donnons une vraie chance pour réussir dans notre combat.

Alors, en 2021, ne relâchons pas nos efforts !

Jean-Luc ROMERO-MICHEL
Président fondateur d’ELCS

« Que cette incroyable pandémie nous rappelle l’urgence de se préparer à ces virus qui nous menacent et nous menaceront. Réhabilitons enfin la prévention… »

Devant se tenir initialement ce week-end, l’opération de collecte de fonds du Sidaction a solidairement été annulée en raison de la crise sanitaire qui touche le monde depuis maintenant un peu plus de quatre mois. Il s’agit là d’un geste fort et difficile quand on connaît les besoins de la lutte contre le sida qui concentre toujours 2500 morts par jour dans le monde! Ce geste des dirigeants du Sidaction que je veux ici chaleureusement remercier, démontre avant tout que l’heure n’est pas à la compétition entre les causes et les souffrances, mais à la solidarité et à l’entraide… à l’union somme toute! Cette “union sacrée” dont nous avons fait en France une tradition républicaine en temps de crise. La priorité étant avant tout de porter l’attention médiatique sur la crise provoquée par le nouveau coronavirus et permettre, de cette façon, une diffusion, la plus large possible, des messages de prévention. Prenons toutefois quelques minutes pour rassurer les personnes vivant avec le VIH, qui s’estiment parfois plus vulnérables que le reste de la population.

Covid19 et VIH: démêler le vrai du faux

Sur les cas de co-infection Covid19-VIH, comme l’explique déjà si bien une lettre d’information conjointe de la Société française de lutte contre le sida (SFLS) et de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), les données scientifiques sont rassurantes. Les personnes séropositives sous traitement ne sont pas plus à risque que le reste de la population si elles ne présentent pas d’autres affections comme des maladies respiratoires chroniques ou encore les diabètes de type 1 insulinodépendant et de type 2.

Rapport d’activités 2019

Le rapport d’activités 2019 d’ELCS est enfin prêt, celui d’une année riche d’actions politiques et de combats militants, parmi lesquels: 
– La boucle du ruban rouge à l’initative du Crips-îdF
– L’élargissement de notre réseau de collectivités engagées contre le sida
– La mise en place d’une nouvelle édition internationale de notre exposition Portraits de Vi(h)es

« Près de 25 ans d’engagement aux côtés des élus, pourtant jamais le credo d’ELCS : « le sida se soigne aussi par la politique» n’aura raisonné aussi fort car 2019 aura résolument été une année de mobilisation.


La tenue à Lyon en octobre dernier de la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme a certes été un catalyseur. Mais c’était sans compter sur l’investissement sans
faille des élus, des associations et des pouvoirs publics. L’opération « la boucle du Ruban rouge» illustre parfaitement mon propos.

Nombreuses étaient les associations comme ELCS qui ont participé à ce tour de France en forme de ruban rouge et qui ont permis de toucher un maximum d’élus et de Français. Cet élan, je pouvais le ressentir non seulement en France mais aussi à l’extérieur de nos frontières. Partout, les manifestations de solidarité et les appels aux gouvernements à contribuer plus fortement au Fonds mondial n’ont pas manqué.

Maintenant, le temps est à l’action. Les enjeux sont encore colossaux. Si l’objectif de parvenir à la fin du VIH/sida d’ici 2030 reste réaliste, il n’en est pas moins vrai qu’il y a encore tant à faire pour atteindre cet objectif. À Saint-Pétersbourg par exemple, à seulement trois heures de vol de Paris, des personnes séropositives meurent encore, faute de traitements…

Alors ne baissons pas la garde ! Restons vigilants ! Aujourd’hui, c’est une crise d’une nouvelle ampleur qui vient
frapper les systèmes de santé du monde entier. Le nouveau coronavirus, découvert en Chine en décembre 2019, nous rappelle les erreurs commises dans la gestion du VIH les premières années. À nous d’en tirer les leçons. Placer les communautés au centre du combat, prévenir les discriminations et privilégier la coopération internationale sont des premiers éléments de méthode à ne pas négliger.

Aussi, gardons à l’esprit qu’agir contre le Covid-19, c’est donner une chance à la belle perspective d’une fin du VIH à l’horizon 2030. En tant qu’association d’élus locaux engagés contre le VIH, nous avons acquis une expérience utile que nous ne manquerons pas de mettre à profit des maires pour la gestion de cette nouvelle pandémie.

C’est ensemble que nous pourrons y parvenir. Alors, à nous d’agir ! « 

Jean-Luc ROMERO-MICHEL

XXIVe Etats généraux d’ELCS

Paris, mardi 26 novembre 2019 – Organisés sous le haut patronage du président de la Républiques, ces états généraux sont l’occasion pour les élus, les associations, les pouvoirs publics et les laboratoires de dresser un bilan de la lutte contre le VIH/sida en France et dans le monde.

Des états généraux marqués par la reconstitution des ressources du Fonds mondial

Cette rencontre prend place dans un contexte particulier marqué par la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. A cette occasion, la France ainsi que d’autres pays ont décidé d’augmenter leurs contributions permettant ainsi de doter ce Fonds de 14,02 milliards de dollars. Cette augmentation contributive ne peut qu’être accueillie avec enthousiasme : 36, 7 millions de personnes vivent encore  avec le VIH dans le monde, dont 172 000 se trouvent en France. Il est question maintenant d’interroger la manière avec laquelle il convient d’employer ces ressources sans oublier pour autant l’échelon local.

L’occasion également d’aborder la question très stratégique de l’accès universel à la PrEP, un traitement préventif contre le VIH dont l’efficacité n’est aujourd’hui plus à prouver. Son potentiel est encore loin d’être entièrement exploité puisqu’il n’est utilisé que par 15 000 personnes en France alors que l’on estime qu’il en faudrait 45 000 pour que l’on puisse constater un effet durable sur notre territoire. Dans le reste du monde, les efforts à fournir pour parvenir un accès véritablement universel à ce traitement sont encore immenses.

Une édition internationale pour l’exposition « Portraits d vi(h)es »

Spécialement pour cette Conférence de reconstitution des ressources, ELCS avait mis en place, en partenariat avec le Global Fund Advocacy Network (GFAN), une édition internationale de son exposition itinérante « Portraits de vi(h)es » nourrie de cinq portraits internationaux issus du GFAN.

Cette exposition qui a permis de mettre en avant aux acteurs, français comme internationaux, de la lutte contre le VIH/sida l’expérience français des élus locaux en matière de lutte contre la sérophobie contribuera à montrer aux élus français que le combat est encore entier à l’étranger et que la France doit maintenir son rôle au premier plan dans ce combat.

XXIIIe Etats généraux d’ELCS

Jean-Luc ROMERO-MICHEL,

Président d’Élus Locaux Contre le Sida (ELCS)

Merci à Christophe d’avoir animé ces États généraux et merci surtout pour ce qu’il a apporté à la lutte contre le sida car, au-delà de l’urbaniste que nous connaissons, il est ce grand militant, ce Président d’Act Up qui a fait bouger les lignes sans agresser les autres. Je souhaite donc le remercier d’être toujours à nos côtés pour tous nos combats pour l’égalité.

Madame la ministre,

Madame l’adjointe à la maire,

Chers amis,

Évidemment, vous imaginez l’émotion que j’ai eue toute cet après-midi et particulièrement maintenant, en conclusion de ces 23èmes États généraux, en pensant à Christophe MICHEL-ROMERO, qui les a organisés ces 11 dernières années. Vous imaginez à quel point c’est difficile et je vous remercie pour tous vos témoignages. Tout à l’heure, Philippe LOHÉAC nous dira quelques mots sur lui.

Permettez-moi de remercier particulièrement Anne HIDALGO et son adjointe Anne SOUYRIS pour la mobilisation de la ville contre le sida qui est exemplaire notamment grâce à Vers Paris sans sida que mène Ève PLENEL et que je remercie aussi pour son intervention ce soir.

Merci également à Jean SPIRI, qui fait aussi partie de ces militants qui depuis longtemps sont engagés dans la lutte contre le sida.

Bien sûr, je remercie tout particulièrement Madame la ministre d’être présente ce soir. Vraiment. Je sais qu’en cette période budgétaire, vous êtes très occupée au Parlement. Votre présence est importante dans un contexte de démobilisation de la société contre le VIH/sida. Alors qu’il n’y a jamais eu autant de gens vivant avec ce virus, cette question de santé publique est sortie des radars.

C’est bien dommage et je le dis notamment pour les élus car avec cet espoir fou, mais possible, d’un monde sans sida, c’est maintenant plus que jamais qu’il faudrait se mobiliser et tout mettre en œuvre pour parvenir à la fin du VIH/sida.

Imaginez que des générations pourraient naître sans le virus du sida ! C’est un espoir fou pour des personnes comme Christophe, Fred et moi qui pendant plus de 30 années ont connu ce virus. Pourtant, la mobilisation n’est pas à la hauteur.

Je serai court, car tout a été dit. Je reviendrai simplement sur quelques points : le soutien au développement de la politique de réduction des risques en direction des usagers de drogue, la lutte contre la sérophobie, le sexisme et les LGBTQIphobies avec notre exposition et notre pétition sur change.org. Je souhaite, enfin, citer la réunion du Fonds mondial l’an prochain en France, qui suscite beaucoup d’attente et d’espoir.

Je voudrais remercier Anne pour la mobilisation de Paris pour la salle de consommation à moindres risques et ta demande, Anne, de l’ouverture d’autres salles à Paris et en Ile-de-France. Je voulais dire à quel point, à ELCS, nous soutenons cette démarche efficace pour la santé des usagers mais aussi pour la sécurité. Je n’insiste pas et je sais que tu en parleras, chère Anne, mais je voudrais rappeler à quel point certains discours pointaient les usagers de drogue comme des personnes irresponsables, alors qu’ils représentent aujourd’hui moins de 2 % des nouvelles personnes infectées. Quand on leur donne les moyens de se protéger, cela fonctionne, et ce n’est pas, contrairement à ce que certains pensent, une incitation à se droguer. Ces lieux sont extrêmement importants pour leur permettre de faire dans de bonnes conditions ce qui est pour l’instant leur choix. Les usagers de drogues sont des citoyens comme les autres.

ELCS est mobilisé depuis toujours contre les discriminations : rappelez-vous le combat que nous menons encore contre les interdictions de circulation dans le monde – une quarantaine de pays les pratiquent encore, à l’image du Qatar qui organise la prochaine coupe du monde –, celui contre l’interdiction même partielle du don au sang pour les gays ou celui lancé par ELCS sur l’interdiction des soins de conservation pour les personnes séropositives, qui a été gagné le 1er janvier 2018. Merci, Madame la ministre.

Notre combat contre la sérophobie aura cette année été particulièrement marqué par notre livre et l’exposition Portraits de vi(H)es. Cette exposition a dépassé tous nos espoirs et tourne depuis un an partout, aujourd’hui à la région Ile-de-France et ici à la mairie de Paris, dans quinze jours à l’Assemblée nationale, la semaine prochaine au Mans, à Toulouse, à Strasbourg et dans bien d’autres endroits la semaine prochaine.

Il était important de donner un visage au VIH : certains pourraient penser que c’est aujourd’hui plus facile, et nous sommes passés de la compassion dans les années 1980 à une sorte de culpabilisation. Je crois que cette exposition, loin du pathos, est au contraire pleine d’espoir et raconte très bien la réalité du VIH en 2018.

Elle a aussi permis de faire tomber des idées fausses et de donner des informations que nos concitoyens ne connaissent pas. En effet, qui sait à part les militants que dès qu’une personne est mise sous traitement, sa séropositivité devient vite indétectable, c’est-à-dire qu’elle ne peut plus infecter. On ne le sait pas assez, mais la plupart des personnes séropositives, qui connaissent leur statut et qui sont sous traitement, ne peuvent plus infecter. Ce qui fait dire non sans raison au professeur ROZENBAUM, l’un des codécouvreurs du VIH/sida, que le meilleur moyen de ne pas attraper le VIH est de… coucher avec un séropositif sous traitement et sans charge virale. Provocateur mais vrai.

Outre cette exposition et ce livre qui vont, grâce au laboratoire Gilead, continuer à vivre en 2019, nous portons actuellement la demande que la lutte contre le sexisme et les LGBTQIphobies devienne la Grande Cause Nationale 2019. Plus de 45 000 internautes ont déjà signé notre pétition sur change.org et je vous invite à en faire de même. La mairie de Paris a voté à l’unanimité de tous les groupes cette demande de cause nationale et j’espère que tous les groupes de la Région Ile-de-France feront de même.

Pourquoi une grande cause nationale ? Parce que cela donne des moyens, des campagnes gratuites dans les médias, cela fait travailler les associations ensemble et cela oblige tous les ministères, de manière transversale, à travailler sur ces thèmes. Anne HIDALGO a été la première à suivre cette demande. Depuis, des élus de tous bords, notamment Hugues RENSON qui était avec nous tout à l’heure, et nombre de personnalités ont signé. J’espère pouvoir compter sur votre soutien, Madame la ministre, même si la décision ne vous appartient pas.

Vous allez d’ailleurs avoir un dossier délicat à gérer l’année prochaine : la PMA pour toutes. Dernièrement, le Président d’un grand parti d’opposition a tenu des propos tout à fait scandaleux et je crains que certains ou certaines continuent sur cette voie. Aussi je crois qu’une année mobilisée autour de cette grande cause permettrait de moins entendre ces propos très difficiles à vivre pour les familles et qui n’ont pas leur place dans le débat, surtout quand ils viennent d’un parti qui se dit lui-même républicain. Cela permettrait aussi de faire de la pédagogie et de ne pas laisser le champ libre à ceux qui crient le plus fort mêmes s’ils sont minoritaires. Je pense sincèrement que notre société est aujourd’hui plus ouverte mais, à cause des réseaux sociaux, certains se croient nombreux.

Enfin, un grand événement aura lieu l’année prochaine : la réunion internationale du Fonds mondial qui se tiendra en France. C’est une opportunité exceptionnelle et une vitrine pour notre pays. Nous attendons que la France en profite pour s’engager fortement et renouer avec le grand discours mobilisateur que portaient les présidents CHIRAC et LULA. Je sais que nous pourrons compter sur vous, Madame la ministre.

Depuis le début de la pandémie, plus de 36 millions de personnes sont mortes du sida. Encore environ un million de personnes succombent annuellement, soit 2 500 par jour. Ces morts ne devraient plus exister. Nous sommes criminels de laisser ces personnes mourir alors que nous avons les traitements pour leur permettre au moins de survivre.

C’est donc la mobilisation citoyenne qui peut encore faire entendre à nos responsables que ce beau défi doit être gagné. Un monde sans sida, c’est possible. Il faut de la volonté politique mais cela dépend aussi de vous et de nous.

Je vous remercie.